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HR / HF du 21/05/10

Lettre à celui que j’aurai voulu avoir comme ami

Pier Giorgio, mon ami
Quel bonheur de pouvoir écrire « mon ami », quand je sais tout le coeur que tu donnes à l’amitié, quand je sais ta tristesse quand un ami doit s’éloigner, changer de ville, pour ses études ou sa vie, quand je sais ta fidélité, quand je sais que tu es le meilleur ami qui soit, puisque tu pries pour moi, que tu te soucies de mon âme, et que tu aimes rire avec moi, avec nous, avec tous ceux que tu côtoies. Dis-moi, Pier Giorgio, pourquoi tu es toujours gai, dis-moi Pier Giorgio pourquoi on sait qu’on peut toujours t’appeler, te demander un service et que tu bondis à notre aide.
Je pense à toi en train de bûcher sur tes examens, et j’imagine la fenêtre de ta chambre ouverte sur les bruits du jardin : le cher jardinier qui ratisse, les mouches qui bourdonnent, l’odeur des feuilles de figuier, le pic du Mucrone qui se discerne dans l’air pur. Et toi accroché à ta table par une volonté de fer. Continue, je pense à toi, je prie Dieu qu’Il te donne toujours plus de force pour accomplir ce qui te semble bon.
C’est fou ça, ce qui te semble bon, c’est toujours ce qu’il y a de mieux ; pour toi comme pour moi, comme pour nous. D’où te vient cette intuition du devoir, cette intuition du bien ? C’est vrai, même ce qui me semblait contraire à mon but, se révèle être le plus court chemin ; et puis mon coeur est en paix. Sur cette question. car la paix du coeur est le plus beau cadeau du ciel comme tu le dis toujours. Avec la joie de Jésus.
Tu sais un temps j’ai eu la joie de Jésus dans le coeur, et quand je l’ai perdue, par ma faute inconsciente, par mon péché, sans que je voie encore clairement ni pourquoi, ni comment cela s’est produit, j’ai ressenti la vraie tristesse. Toi tu es toujours joyeux ; pourtant je pense que c’est par choix et tu as raison. Tu nous donnes tant, et je pense que tu te mets en joie ; il n’y a rien de factice. Pourtant là je sais que tu es triste de ne pas aller en montagne demain. Mais un regard souriant, une fleur éclose, un éclat de rire avec le cher jardinier, « Gnere » comme tu l’appelles, et tu vas t’exclamer « quelle joie, comme c’est beau ». Apprends moi à voir comme toi que dans tout il y a du beau, car nous sommes des créatures de Dieu. Il nous aime et ne peut nous faire que belles. Même si on cache notre beauté.
Merci pour ton chapelet, il est toujours dans ma poche. Les graines lisses et irrégulières me rendent la paix dans mes mouvements d’humeur car presque automatiquement je me mets à prononcer le nom de Marie.
Que Marie t’aide à travailler aussi ; patience ; le soleil brillera encore après les examens.
Si tu veux que je fasse quelque chose pour toi, n’hésites pas. J’en serais heureuse. Vois-tu on ne me demande pas beaucoup de services ; peut-être que je les rends mal ou à tord et à travers.
Je tâche d’apprendre des vers comme toi, mais ma mémoire peine.
Je ris encore de la surprise des messieurs pontifiants au club nous parlant comme à des enfants quand tu as lancé tes grands cris, j’en ai eu les tymphans percés. C’était trop ouf.
Referons-nous un pique-nique aux beaux jours d’automne quand la lumière est chaude en fin d’après-midi et puis on pourrait faire un peu de canot sur le Pô avant que le froid de l’hiver nous entraîne dans d’autres fêtes ? Peut-être pour la Saint-Michel ?
Si tu as un moment pour répondre, je compte sur toi pour faire le ménage dans mon âme e me surligner mes fautes.
Bon courage, je ne te retiens pas trop longtemps,
Jésus te garde dans Sa Paix... tu es dans Sa Lumière.

Anne-Sophie Rondeau, extrait du livre "Pier-Giorgio Frassati, l’homme des huit béatitudes"

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