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***Les Béatitudes 1***

Les Béatitudes comme une traversée

Si souvent les Béatitudes résonnement comme une morale aux accents parfois austères, or elles sont un cri de bonheur, qui, dès les pages les plus anciennes du Premier Testament, résonne. De même que son envers, une véritable onomatopée, un cri d’aversion, de répulsion qui traverse l’être quand ce que l’on voit est insoutenable : hoï ! waéh ! Malheur !
Ainsi deux mots contradictoires forment le premier tracé de la Béatitude, pour dire l’aimantation face au bonheur, et l’aversion ou la répulsion face au malheur et face au mal, cri alors de lamentation ou d’effroi : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, les ténèbres lumière et la lumière ténèbres, qui déclarent doux l’amer et transforment le doux en amertume… » (Is 5, 20).
Á l’inverse, le premier mot du Psautier, celui qui semble en poser la dominance, est le mot heureux, premier d’une longue série proférée dans sa prière, par l’homme en quête de bonheur et qui en guette les signes. Le mot alors résonne comme un cri, ou parfois comme une inquiétude, comme une quête, qui interroge chaque aspect, chaque pli de la vie de l’homme, avec le soin de l’orpailleur scrutant les reflets de métal dans le sable, ici pour y trouver les signes du bonheur et du bonheur de Dieu : « Heureux l’homme qui ne siège pas au conseil de l’impie » (Ps 1, 1), « Heureux qui s’abrite dans le Seigneur » (Ps 2, 12 ; 34, 9), « Heureux les hommes dont la force est en Toi ! » (Ps84, 6).
Et les Psaumes poursuivent le tracé du chemin, avec ces paroles magnifiques encore : « Heureux qui est absous de son péché » (Ps 32, 1 et 2), « Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu » (Ps 33, 12 ; cf. 40, 5 et 144, 15).
Paroles d’hommes qui crient leur quête de bonheur, le mot en vient ainsi insensiblement à scruter les traits de Dieu qui l’aimantent. Heureux dès qu’on adopte les gestes, paroles et manières de Dieu… Oui, « heureux qui pense au pauvre et au faible » (Ps 41, 2 ; Is 3, 10) ! De ce Dieu-là il est fils.

Jacques Nieuviarts, Exégète assomptionniste

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Jeu de l’été : Les Béatitudes

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