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***Les Béatitudes 10***

Qui donc est-il pour parler de bonheur... ?

Les Béatitudes disent le monde intérieur de Jésus, le Royaume, qu’il révèle en paraboles pour en donner l’intuition. Qu’il dit aussi en gestes, instaurant cette subversion radicale de la résurrection de Dieu, et le bonheur qui vient de lui, dont Jésus parle et dont il pose les gestes. Qu’il est lui-même, tout entier. Il dit ce bonheur comme un cri jaillit du cœur, face à une situation par laquelle on se laisse toucher. C’est ainsi qu’il pose les Béatitudes sur ceux qu’il rencontre. Jésus, les Évangiles le disent, se laisse toucher aux entrailles par ceux que touche, déforme, bouleverse le mal. Il a pour eux les gestes de la compassion au sens le plus fort, celle qui touche celui qui souffre. C’est ainsi que Jésus guérit.
Depuis longtemps on a bien saisi que les Béatitudes parlent, à visage ouvert, de Jésus, qu’elles trouvent en lui leur paradigme, leur éclairage le plus lumineux. Elles disent son être profond. Et à ce titre, leur affirmation paradoxale d’un bonheur touchant des êtres contre toute évidence trouve sa clé de compréhension la plus radicale dans la croix de Jésus. Il y a longtemps déjà, Ernst Käsemann, exégète allemand, avait formulé, de façon sobre et lumineuse, que toute affirmation sur Dieu n’était chrétienne que si elle était compatible avec la croix. C’est le cas, éminemment, des Béatitudes, et l’on pourrait placer en filigrane de chacune le visage de Jésus, son mystère, son être. Il est à la fois toutes les Béatitudes, il en éclaire lumineusement chacune. Car elles évoquent une vie paradoxalement exposée et donnée, comme le fut précisément, et sans retour, celle de Jésus.
Peut-être alors peut-on lire les Béatitudes en les laissant résonner et en trouvant laquelle consonne en nous. Lorsque la Béatitude semble résonner sans ombre, pleinement, c’est qu’elle touche en chacun le point de révélation, le lieu où l’être de Dieu prend parole et acte en l’homme, se révèle en lui, comme un levain révèle la pâte en la faisant lever.

NIEUVIARTS Jacques

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Jeu de l’été : Les Béatitudes

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