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Novembre 2010

Open latex ?

Ca manque de prophètes ces temps derniers non ? Ca manque de voix un peu dissonante, ça manque d’hommes à la pensée originale, ça manque de voix qu’on écoute. Finalement que tu allumes TF1, France 2 ou canal plus, c’est une seule et même pensée qui est distillée (enfin pensée, un seul et même loisir plutôt) ; que tu écoute RMC, France inter ou Europe 1 c’est une seule et même voix qui parle (je n’ose pas dire la voix de son maitre) ; que tu ouvres Libération, le Figaro, ou le Point ils sont d’accord sur a peu prés tout, ça informe sur les mêmes sujets, ça se dispute encore un peu à la marge (c’est le rôle de la page tribune des quotidiens) pour nous faire croire qu’il y a une presse d’opinion en France, mais au fond ils sont tous d’accord et ça débat sur les plateaux télé, ça débat de quoi ? De toute manière ce sont toujours les mêmes, les débatteurs professionnels, triés sur le volet, triés pour qu’ils ne remettent surtout rien en cause. Par exemple quand il y a une question qui touche de prés ou de loin à l’église catholique on invite les spécialistes de la question religieuse, c’est pas bien compliqué ils sont trois (toujours les trois mêmes) et aucun des trois n’aime ni l’église, ni le pape : neutralité oblige ! Mais ce sont eux qu’on invite, parce qu’on est certain qu’ils nous serviront la même soupe, la même doxa celle que les médias veulent entendre, celle qui ne remettra surtout pas en cause l’idée dominante et unique. Oui le prophète se fait rare et quand une voix dissonante se met à résonner, quand une voix échappe aux mailles du filet on se dépêche de la faire taire, de lui couper les antennes et quand on ne peut pas on la discrédite, on la ridiculise. C’est vrai d’aujourd’hui mais c’est vrai depuis 2000 ans : Jean Baptiste insupportait les puissants de son époque, c’est pour ça qu’Hérode lui fera couper la tête, parce qu’il n’avait pas d’autre moyen de le faire taire. Aujourd’hui on ne coupe plus les têtes qui dépassent (liberté d’expression oblige) mais on coupe la parole des prophètes.

On coupe la parole de ceux qui dérangent et notre pape dérange, alors on le fait taire, ça c’était sous Jean Paul II mais il ne se tait pas, alors on le ridiculise, ça c’était avec Benoit XVI il y a un an lors d’un de ses voyages en Afriques (on joue les vierges effarouchées) mais il ne se tait pas, alors on essaie de trahir sa parole pour le ranger à nos cotés, ça c’est aujourd’hui : « enfin le pape admet l’utilisation du préservatif ! » mais pourquoi ont-ils besoin que le pape soit de leur cotés, sa parole leur importerait alors ??

Je serai dans une paroisse normale, je veux dire une paroisse avec des jeunes des vieux, des enfants j’aurai prêché sur les textes de l’avent sans chercher un prétexte bidon sur les prohètes ou leur absence, je ne sais pas si j’aurai prêché comme ça sur cette petite phrase anecdotique qui a tant fait parler d’elle : ben oui la question se pose bien différemment selon qu’on est marié, qu’on est en Afrique ou qu’on est étudiant en pleine saison des amours. Or là vous êtes étudiants (tous, ou presque.) et pour vous la question se pose avec une certaine acuité.

Pour tous il n’y a qu’une seule loi, la même quelle que soit notre âge ou notre situation géographique : elle est assez simple : « on ne couche pas avant le mariage » enfin ça c’est l’énoncé de la loi, celle qui quand on l’énonce nous fait un peu sourire. Nous interdisant d’écouter et donc de comprendre l’explication de la loi, l’explication c’est que la relation sexuelle est belle et bonne, mieux que ça elle est ce qui exprime le mieux le don que se font deux personnes (un homme et une femme) qui s’aiment. Parce que oui quand on fait l’amour on se donne l’un à l’autre, on se donne tout entier : corps et âme (oui ça veut dire qu’on ne peux pas être fidele de cœur sans être fidèle de corps, (tu sais le « embrasser c’est pas tromper » c’est du flan) ; l’amour c’est pas juste un jeu, c’est pas un essai (comme on essaierai une voiture d’occasion et si elle nous va pas on la prend pas, on en essaie une autre) l’amour c’est un engagement de toute ta personne. Et que pour s’engager il faut vérifier d’abord qu’on est prêt à s’engager, sinon c’est de l’irresponsabilité, vous êtes pas irresponsables les gars ? (c’est même un des grands argument des pros latex : être responsable.) être responsable ça veut dire quoi, ça veut dire se connaitre d’abord, prendre le temps de se connaitre et c’est long de se connaitre, c’est pas parce que t’as passé une soirée en boite avec un gars que tu le connais c’est pas parce que t’a invité Julie au restaurant deux fois que tu la connais, (ou alors c’est qu’y a pas grand-chose à connaitre !) apprendre à se connaitre, ensuite se bâtir et bâtir une relation stable, pas une relation fondée sur le coup de foudre (oh il est trop beau, c’est lui c’est sur, j’te dis c’est lui, je le sens. Tu le sens c’est quoi ca ? C’est animal comme relation ?) , une relation fondée sur les sentiments (et les sentiments ça va ça vient, c’est ce qu’il y a de plus changeant en toi les sentiments : la joie, la colère, la peur, la passion…) non une relation fondée sur ce qui est le plus humain en toi, ta raison et ta volonté : "je l’aime parce que je veux l’aimer aujourd’hui demain et tous les jours de ma vie."

En fait pour l’église il y a quatre critères de vérifications pour savoir si tu es prêt à t’engager :

- Est ce que tu es libre de t’engager ? libre financièrement par exemple, est ce que tu peux t’assumer ? libre c’est aussi est ce que je suis assez mur, assez responsable ? libre

- Est ce que tu veux lui être fidèle ? De cette fidélité de corps et de cœur (c’est tout un), mais cette fidélité c’est aujourd’hui que tu la construis, dans la fidélité à tenir tes engagements (scolaire, associatif…) et plus encore dans ta fidélité en amitié. Si tu change de petite camarade de jeu tous les trois mois (ou tous les trois jours), comment peux-tu me dire que tu t’entraines à la fidélité ? faut pas rêver mon gars si tu vis aujourd’hui dans l’infidélité, demain ce sera très dur d’être fidèle ! (fous un gars qui a jamais touché un ballon de rugby sur un terrain en face de Jauzion, il aura beau me dire c’est bon je suis prêt, il aura beau être hyper motivé et sur de lui s’il s’est pas entrainé tu va voir il va se faire exploser)

- Est ce que tu veux t’engager pour toute ta vie ! et c’est long une vie, et c’est beau une vie ! pas parce qu’elle est trop belle (parce que ça c’est sur ça changera) mais parce que vous avez pris le temps de vous connaitre.

- Est-ce que tu veux des enfants de lui ? oui, alors va y, fonce, marie toi !

Et concrètement si tu veux des enfants de lui, je vois pas pourquoi tu mets un préservatif, C’est pas comme ça que ça marche ? Je sais je suis nul, je suis curé, je sais pas très bien comment ca marche, j’ai bien suivi les cours de SVT en 3° mais c’est pas ma spécialité. Mais enfin, A priori si tu mets un préservatif c’est pas pour faire un enfant (ou alors faut qu’on me réexplique tout depuis le début).

Et elle est là la pointe de l’intervention du saint Père, si tu mets un préservatif tu dis (pas avec des mots mais en acte) tu dis à celle avec qui tu fais l’amour : « je ne veux pas d’enfant de toi », tu lui dis que tu ne veux pas donner la vie, tu lui dis que tu ne veux pas te donner (alors pas te donner maintenant peut être, ou pas te donner du tout, la différence est importante bien sur), tu lui dis que votre relation est stérile ! Tu veux être stérile, tu veux d’une relation stérile ?

Bon alors là il y a deux bons tiers de l’assemblée qui se sentent complètement stigmatisé, insulté, incompris et qui se disent que le père Simon est vraiment encore plus rétrograde que le pape ! Et que l’ouverture de Benoit XVI n’est pas encore arrivée sur les bords de la Garonne, (chez nous c’est peut être open church mais c’est pas encore open latex)

Y’a deux bons tiers de l’assemblée, catholique, vraiment catholique mais sur ces questions morales (et sur cette question précisément) ils sont pas complètement au niveau du bel idéal que je vous brossais tout à l’heure. D’ailleurs à y regarder de prêt on n’est jamais à la hauteur de notre idéal évangélique (si c’est pas sur les relations affectives, c’est sur l’amour des ennemis, ou sur la justice sociale, sur la vérité). Alors qu’est ce qu’on fait ? Je vois deux solutions : la première « la raide de la nuque » : tous ceux qui sont pas à la hauteur dehors ! Allez on garde que les purs, que les héros, les autres dehors ! Ceux qui couchent avant le mariage, dehors ! ceux qui couchent sans même penser au mariage, dehors ! ceux qui aimeraient bien faire marche arrière mais qui savent pas comment, dehors ! ou quand dans un couple y’en a qu’un des deux motivés par cette belle exigence, dehors ! et ceux qui vivent sous le même toit (pas franchement en frère et sœur) dehors… tout ceux là on les fout dehors, ils ont pas leur place dans l’église, ça va nous faire de l’espace et des vacances, non ? Ou une autre solution, « la mou du genou » on ramène l’exigence à ce qu’on est capable de vivre, « bon les gars puisque vous y arrivez pas laisser tomber, jouissez sans entrave c’est le pape qui le dit ! » il y aurait ceux qui essaient et qui y arrivent tant bien que mal et les autres, les croutes une morales à deux vitesses, vous trouvez pas ça un peu insultant.

A moins qu’il y ait une autre solution, c’est celle que nous propose le saint père : l’humanisation de la sexualité. Il maintient l’idéal, le même pour tous, voila ce à quoi nous sommes tous appelés quel que soit notre âge, notre situation, notre motivation, nos capacités, notre histoire et c’est en ça que Benoit XVI est un prophète, un prophète qui refuse de nous rabaisser, qui refuse de démissionner, il sait ce dont l’homme est capable, il sait le bien dont nous sommes capable, il sait que c’est cet amour là qui habite le fond de nos cœurs, notre désir le plus profond c’est d’aimer en vérité et il nous le rappelle, malgré toutes les voix contraires, au milieu des défaitistes et des jouisseurs il se tient en prophète ferme et doux, montrant le cap. Et en même temps il connait son peuple, il nous prend là où nous en sommes, malgré nos chutes, il nous aide à nous relever, il nous encourage, et il demande à chacun de ses prêtres de faire la même chose, d’accueillir chaque personne, chaque couple avec une infinie miséricorde et de l’accompagner vers cet idéal qui est notre bonheur à tous. Il y aura une pédagogie à mettre en œuvre, il y faudra beaucoup de délicatesse, de la persévérance, de l’humilité, mais l’Eglise (comme Dieu, l’Eglise parce qu’elle est de Dieu) ne désespère jamais, ne se décourage jamais.

Il n’y a personne ce soir dans cette église qui soit exclu de ce chemin de sainteté, il n’y a personne ce soir dans cette église qui ne soit capable de vivre cet appel à se donner vraiment, il nous faudra la grâce de Dieu, l’aide et l’encouragement de nos frères, l’accompagnement de l’Eglise, tout ça vous est donné pourvu que vous tendiez la main, pourvu que vous le vouliez.

Est-ce que tu le veux ?

Père Simon, Prêtre à Toulouse

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